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Bonne fin d'année avec méthode et espoir. Un petit point méthodo sur les belles présentations et sur notre planète...
▼ Édito
C’est la dernière… (au sens de last pas de latest).
…de l’année.
Bon ok, je la fais chaque année et j’espère que cela n’a pas été un choc trop rude. On se retrouve début 2026. Les éditions de décembre ont été très riches en contenu et on va vous laisser digérer tout cela tranquillement (mon petit doigt me dit que certaines lectrices et certains abonnés ont pris du retard ces derniers temps…)
En Janvier, on aura notre prochaine invitée. Vous l’avez déjà rencontrée dans une de nos rubriques Media (et le troisième invité aussi, pour février – mais oui nous sommes une newsletter sérieuse avec un calendrier éditorial parfaitement programmé et un agenda de rédaction à la dernière minute 🤣).
Pour les fêtes, si on vous manque, on vous recommande les éditions les plus lues de ces dernières semaines : celle de la semaine passé (et notre brin de MUGAI), celle de nos trois cercles du savoir (et ses spin-off), et enfin celle qui annonce le concours Shiftopie que je co-anime (toujours ouvert).
Sinon, sur le site, vous pouvez consulter toutes les éditions passées ? Et si vous faisiez un cadeau pas cher qui fera hyper plaisir
Dans cette édition, vous allez découvrir :
des forêts🌲
un bon film 🎥
de la métho👷🏼♂️
et d’autres bricoles 👩🏻🔧
▼ Phrase propulsée
« Les discours les moins longs sont les plus courts. »
Pierre Dac
Ça tombe bien ! On ne fait pas de discours ici. Tout au plus va-t-on proposer une méthode qui marche pour concevoir des webinaire (rien à voir avec un discours, n’est-ce pas ?). Et puis une petite touche d’humour ne fait pas de mal. Enfin, c’est peut-être l’occasion de découvrir cet humoriste pour certaines et certains… L’inventeur du “Schmilblic”, popularisé par Coluche.
▼ La minute méthodo
Comment préparer votre prochain webinaire
Je suis au milieu d’une grosse série de webinaires (pour des clients privés et pour des partenaires). Ça parle d’IA en lien avec d’autres sujets (la Prospective, les Business Models, l’IA [tu te moques là ? tu fais vraiment un webinaire sur l’IA en lien avec l’IA – 🙂↕️]…).
Plus j’avance, mieux j’ai perfectionné ma pratique. A ce stade, mes outils essentiels sont : Notion (pour tout ce qui est avant la prod de la prés), PPT ou Canva pour les slides et un chatbot (Claude a très largement ma préférence ces derniers mois – modérément ‘sycophantic’ et très pertinent).
Au commencement
Bien entendu, tout part d’une idée, d’un sujet qui tient dans les classiques 45’ à 60’. Cela dépend des opportunités, mais j’adore partir sur un truc que je n’ai pas encore exploré, un topic qui n’est pas encore mainstream. Je recycle assez peu mes contenus de missions et de formation pour ces webinaires. Mes derniers sujets :
Prospective et genAI (avec une co-construction en live)
Business Models et genAI
Réussir l’introduction de la genAI en entreprise (webinaire collectif – more on this en janvier…)
IA assistée par … l’IA (aka MUGAI – cf cette édition et attendons janvier pour le replay)
Le cœur du webinaire
Je laisse mitonner le sujet dans ma tête pendant quelque temps – Notion me servant de déversoir mémoire. Je teste des idées d’agenda (bon d’accord, c’est souvent 5’ d’intro, 35-40’ sur le sujet et 15’ de Q&A – mais on peut varier), des idées à introduire, des démos à faire, des “catchy phrases” (du genre : “comment utiliser les idées de Grothendieck” – ça change d’une quote sur Einstein 🤣).
J’aime bien commencer en me demandant quels sont les messages clés dont les pax pourraient profiter à l’issue de l’événement. D’ailleurs, en parallèle, je commence à construire (toujours en pensée) le petit “gift” qui accompagnera le webinaire.
Une fois que j’ai un ou deux scénarios d’agenda, je convoque un chatbot (il a été briefé pour travailler sur mes webinaires – appelons-le Webby, mon “assistant webinaire”). On discute et je converge vers une structure (souvent, je récupère 15% à 20% de ses idées – rarement plus).
Avant les slides
À ce stade, toujours pas de slides. On progresse et on creuse. Passons aux CTA… Comment mettre en mouvement les participants et pour quoi faire ? Call-to-action. Un truc de marketeur ? Aussi. Mais pas que.
Cela fait des années que dans mes templates de préparation de présentations à impacts je propose à mes coachés/trainees de réfléchir à ce qu’ils cherchent vraiment avec cette présentation. On n’y échappe pas avec un webinaire.
Idéalement, je dirai qu’il faut :
2-3 messages clés
1 CTA
Chacun peut être décliné de plusieurs manières, distillés intelligemment au fil du webinaire. Bien entendu, le pire étant le truc inconvenant : un slide en toute fin de présentation qui hurle à vous yeux qui pleurent tous leurs neurones perdus (tiens, une triple métaphore foireuse – vous l’aviez notée, hein ?) : “Ce qu’il faut retenir”. Grosse cata. Ce slide a de bonnes chances de passer à l’as (vous avez déjà 10’ de retard – au moins 20’ dans mon cas – sur la partie Q&A) et personne n’en retiendra rien. Non, il vaut beaucoup mieux jouer la répétition subtile dans le cours de votre exposé. J’aime bien utiliser le terme de distiller : passer vos messages clés, un à la fois mais plusieurs fois, sous différentes formes. Idem pour le CTA.
Donc, maintenant que j’ai la structure de mon webinaire, je réfléchis à quels messages clés diffuser à quel moment et sous quelle forme. Ainsi que les bons moments pour caler une facette du CTA.
On va scripter
“De quoi ? Tu veux me faire écrire mon texte ? Et puis quoi encore ?”
YES !
Cela a plusieurs vertus. D’abord de tester votre structure, les messages clés et les variations autour du CTA. Ensuite de tester votre timing. Et enfin, cela vous sécurisera (sans vous contraindre). Je reviendrai sur tout cela dans une prochaine version.
Avec tout ce qu’on a maintenant, la rédaction du script sera du gâteau pour Webby. En 3 secondes, il vous pond une version… à mettre à la poubelle l’épreuve. Ne retenez pas tout ce qu’il dit (d’ailleurs, pour une présentation à impact – donc un niveau juste au-dessus d’un webinaire – je vous recommande de procéder à la rédaction avec papier-crayon). Webby doit être bien en forme (j’appelle cela “chauffer le moteur”) afin de vous proposer un texte qui soit dans votre style, avec vos mots et expressions et surtout prêt à être verbalisé (mais non pas celui des PV !). Sinon, il risque de vous pondre un truc trop littéraire qui ne passera pas.
Donc on a un script. Ce qui me permet de répéter (toujours “naked” comme disait Garr Reynolds – c’est à dire sans PPT). Je teste ce qui passe, ce qu’il faut remodeler, si le timing est ok, le rythme agréable, le ton adapté, les idées bien placées, la clarté d’ensemble.
On passe au visuel ?
Vous noterez qu’à ce stade, je n’ai aucun visuel. Un héritage de ma culture “Presentation Zen” et “slide:ology” de préparateur TEDx. En bon coach de présentations à impact, je sais qu’il ne faut pas commencer par les slides, mais terminer par les slides !
Une fois que c’est bon, alors je suis prêt à me pencher sur les meilleurs supports visuels qui iront avec le discours. Un gros avantage à ce stade, c’est que si je devais donner le webinaire là, maintenant tout de suite, ce serait possible. Pas le meilleur webinaire du monde, mais certainement pas le pire (celui où le présentateur cherche ses mots, ne sait pas où il va et qui passe des slides tous plus incohérents les uns que les autres). En fonction du temps dont je dispose en préparation, je peux moduler le nombre de slides puisque je sais exactement ce qui doit être dit et quand.
Brèfle la partie facile. Recherche de visuels, de métaphores, … Des trucs simples et homogènes. Et bien entendu, des slides épurés, rien en-dessous de 32pt pour les textes ! (perso, j’essaie de ne pas faire moins que 72pt – pas toujours simple).
Et enfin, je copie-colle le script dans les notes de la présentation : ça me servira de “béquille” lors du webinaire (pas nécessairement un truc à lire mais un petit rappel au cas où…)
Terminé ?
Pas vraiment. À ce stade, il me reste au moins 3 trucs à faire, en parallèle.
Faire des répét. Des répéts et encore. En conditions réelles avec le mode présentateur, le bon casque + micro si vous avez, le timer qui tourne – voire un enregistreur ou une victime parmi vos proches pour les feedback.
Préparer la Q&A. Là, Webby il est hyper fort. À partir de ton script/plan&co, il te sort des questions (et les réponses) très pertinentes. Il te demandera même si tu veux des Q&A adaptées à tes différents publics (j’ai le cas de plusieurs webinaires qu’il faut délivrer pour 3 régions : Asie, Europe et Amériques – et les cultures variée impliquent des questions très singulières)
Fabriquer le gift. J’aime bien laisser un petit truc aux participants. Bien entendu ils voudront les slides (que personne ne lira mais qu’ils pourront télécharger – demandez-vous combien de Mo traînent sur votre disque et que vous n’avez jamais ouverts… pas bon pour la planète ça…). La plupart du temps, je mets en place un Canva dont je partage le lien en fin de webinaire (voire même un QR code pour les compulsifs du smartphone). Un énorme avantage du Canva, c’est que c’est très simple à réaliser et que je peux continuer de le faire évoluer et l’augmenter régulièrement.
Dans le gift, je glisse à la fois des insights et des messages clés (petit retour sur mes messages clés initiaux et vérification qu’ils ressortent effectivement bien). Mais aussi des traces plus digitales comme une synthèse, le nom des outils, un assistant IA tout fait, … brèfle, ce que tout marketeur appellerait un lead magnet (oui, je sais, le lead magnet c’est le Kdo avant de s’inscrire – mais je ne suis pas un marketeur accompli 🤭)
▼ Visuel Numérique
Combien d’hectares de forêt par habitant ?
La moyenne mondiale est de 0,5 hectare de forêt par personne – à peine la taille d’un terrain de rugby. Mais les écarts sont vertigineux.
Les champions sont Le Guyana et le Suriname, avec plus de 22 hectares par habitant, soit 40 fois la moyenne mondiale.
Le Canada et la Russie suivent, portés par leur immensité territoriale malgré des populations bien plus importantes.
Et la France ? On vous laisse chercher sur la carte... (mais disons qu’on doit être trop nombreux pour être au-dessus de la moyenne 😭)
▼ Média
Quand une climatologue de la NASA assume ses émotions
Project Drawdown, c’est une belle référence des solutions climat fondées sur la science. Leur série de webinaires “Drawdown Ignite” invite des experts à vulgariser les enjeux. Et là, on a un super truc à partager.
Kate Marvel, physicienne reconvertie
Ancienne cosmologiste (l’étude de l’univers, une paille), Kate Marvel a bifurqué vers les comics la climatologie à la NASA. Son crédo : après avoir découvert des milliers d’exoplanètes, elle peut vous certifier qu’elles sont toutes “nulles”. La seule planète qui vaille, c’est celle-ci. Et quand elle la voit changer, elle a des émotions.
En 45 minutes, Kate Marvel déroule avec humour et clarté la physique du réchauffement. Elle rappelle qu’Exxon (ok boomer ! – quand j’étais au lycée, c’était la plus grosse boite du monde… il y a eu des petits changes depuis !) savait et avait même des modèles plus précis que bien des labos.
Elle refuse le faux dilemme entre rigueur scientifique et humanité : “Prétendre qu’on ne ressent rien ne nous rend pas plus crédibles, ça fait de nous des menteurs.”
Elle nous laisse avec un message clair. L’espoir n’est pas un prérequis, c’est un choix actif. Et les solutions climat sont “merveilleusement ennuyeuses” : isoler sa maison, installer une pompe à chaleur, manger un peu moins de viande...
Certainement une belle vid à partager pendant les fêtes.







