PdF 25-12>47
Aïe aïe aïe... Une édition pour réfléchir, une édition pour découvrir et apprendre. On ne laisse pas vos neurones (biologiques) se refroidir
▼ Édito
C’est un pur hasard de calendrier. Tous les articles de cette édition forme un tout cohérent (ok, presque tous). Certains attendaient depuis cet été et ils se retrouvent tous ensemble ici. La magie de la sérendipité, c’est qu’ils ont tous le même sujet en leur coeur. C’est beau (enfin, moi je trouve 😎).
Vous savez qu’il existe encore quelques personnes sur Terre qui ne lisent pas la même newsletter que vous...? Comment pourriez-vous faire pour leur permettre d’en profiter ? Il y a un truc facile à faire et à partager sans modération ⤵️
Dans cette édition, vous allez découvrir :
un philosophe 🧐
une météo 💨
un podcasteur 🎙️
et d’autres bricoles 👩🏻🔧
▼ Phrase propulsée
« Apprendre sans réfléchir est vain.
Réfléchir sans apprendre est dangereux. »
Confucius
Citer Confucius me ramène en classe prépa où une autre “citation” de lui était inscrite sur les murs (la censure éditoriale de cette newsletter m’interdit de la rapporter).
Et le coeur de notre édition est justement comment la réflexion (avec le machin biologique là-haut 🤯)peut nous permettre des découvertes et comment cela peut assister nos apprentissages.
▼ Réflexion Interrogative
Les trois cercles du savoir… (part III et dernière)
Nous avons exploré les trois cercles du savoir, puis leur écho dans l’adoption de la genAI en entreprise. Pour clore cette série, prolongeons la réflexion, toujours à propos de la genAI, mais cette fois-ci en se concentrant sur nos usages quotidiens.
La manière dont nous dialoguons avec un chatbot en dit long sur ce que nous cherchons… et sur ce que nous pourrions trouver.
❓Premier usage : le moteur de réponses. On a basculé du moteur de recherches à un moteur de réponses. On quitte Google (search). On ne veut plus une suite de liens pour poursuivre notre quête, on veut une réponse complète, tout de suite. Pratique. Efficace. Et dramatique pour les producteurs de contenus (autre débat).
🎬 Deuxième usage : le moteur de production. On fait générer. Des mails, des synthèses, des rapports, des devoirs (ah bon ?). L’IA devient le prolongement de nos mains sur le clavier (ou leur remplaçant si on débranche notre truc entre les oreilles). On lisse, on arrondit les angles, on gomme les aspérités (est-ce toujours souhaitable ?). Mais on gagne aussi en qualité si on reste concentré avec notre cerveau aux manettes.
🔭 Troisième usage : le moteur d’exploration (socratique ou pas). Et si, au lieu de demander des réponses, on demandait des questions (ouhahou, de quoi ? c’est français ça ‘demander des questions’ ? – aucune idée, mais je ne trouve pas mieux !) ? L’IA devient alors un sparring partner. Elle nous renvoie la balle, nous pousse dans nos retranchements, éclaire des angles morts. Les réponses, c’est nous qui les avons – encore faut-il qu’on nous aide à les formuler. On peut aussi explorer notre ignorance en demandant quelles sont les pratiques de tel domaine qui nous est inconnu, on peut se faire mettre le pied à l’étrier d’un nouveau champ de connaissance (oulala la double métaphore osée : le cheval et le paysage). Et bim la sérendipité te saute à la gorge au cerveau.
C’est dans ce troisième usage l’on découvre ce qu’on ne savait pas qu’on ne savait pas (et toc, la boucle est bouclée de la série d’article)
Les lectrices attentives et les lecteurs malins se demanderont : “dis, PdF, elle est où ta réflexion interrogative sur ce coup-là ?”. Bonne question.
▼ Brèves de comptoir
🌈 Ordi lumineux pas light – Microsoft vient de publier dans Nature les résultats de son ordinateur analogique optique (AOC - tiens, ils nous ont piqué ça aussi, les AOC ?). Le bestiau utilise des micro-LEDs, des lentilles et des capteurs de smartphones pour résoudre des problèmes d’optimisation 100 fois plus vite et avec 100 fois moins d’énergie que nos machines classiques (arggghhh) – on nous a déjà fait le coup avec le quantique, non (on y reviendra dans une prochaine édition) ? Déjà testé sur des transactions bancaires et l’accélération d’IRM (de 30 à 5 minutes de scan !). Et cerise sur le photon : ça pourrait aussi faire tourner des LLMs en mode éco. [version ‘comm’ de Microsoft, version trapue dans Nature]
🦚 Des lasers dans les plumes de paon – Des chercheurs américains ont fait une découverte incredible : en imprégnant des plumes de paon avec un colorant fluorescent et en les excitant avec une source lumineuse, ils ont obtenu... des faisceaux laser jaune-vert. C’est le premier exemple de cavité laser naturelle dans le règne animal. Mais le vrai mystère est ailleurs : quelle que soit la zone colorée testée sur l’ocelle (bleu, vert, bronze... – on vous laisse chercher ‘ocelle’…), les plumes émettent toujours aux deux mêmes longueurs d’onde : 574 et 583 nanomètres (vous noterez que la somme des chiffres est constante…). Comme le dit le physicien Nathan Dawson, c’est “comme lancer deux dés à 100 faces et obtenir systématiquement 74 et 83”. Et personne ne sait encore l’expliquer. Le paon garde son secret et je ne me prive pas de vous re-servir l’émoji de 🦚 pas très courant. [Science]
▼ Visuel Numérique
Les data centers du monde
Tiens, pourquoi on n’est pas surpris par la domination US ? 38% de l’infrastructure mondiale. L’Europe n’est pas en reste et la France 10ème.
La concentration géographique. 86% des data centers mondiaux sont hébergés dans seulement 10 pays (on est dedans de justesse donc), et plus de la moitié aux États-Unis.
L’explosion de la capacité. Entre 2005 et 2025, la capacité électrique nécessaire pour les biberonner est passée de 21,4 GW à 114 GW estimés – un joli x5 en 20 ans. D’ailleurs, les nouveaux venus consacrés à l’IA ne se comptent plus en unités informatiques (genre de TFlops par exemple) mais bel et bien en unité énergétique (j’ai perdu le compte, mais sur les trois derniers mois, je crois qu’OpenAI en a annoncé pour au moins 30GW)
▼ Quoi de neuf chez Future Path ?
On vous invite pour un brin de conversation 🎄 (pas le bon émoji, mais il est de saison – contrairement au muguet).
Dans le prolongement de notre série d’articles sur les Trois cercles du savoir, on vous propose d’assister à notre webinaire sur une pratique simplisme et très appréciée de la genAI. Un truc qui sonne comme une révélation pour celles qui ne l’utilisent pas encore. On a appelé ça MUGAI (et non, le correcteur orthographique ne s’est pas planté).
Ce sera le mardi 16 décembre juste avant avant votre pause déjeunatoire : à n’en pas douter, cela nourrira richement vos discussions avec vos proches et collègues. [inscription]
▼ Média
Podcast Détour vers le futur
Encore un excellent podcast à mettre dans vos oreilles ce week-end (là aussi le x2 passe sans problème – et sur le fond, il faut prendre le temps de digérer). Et il fait écho à nos différents articles de cette édition (tiens, mais il y aurait une sorte de cohérence éditoriale alors ?).
Le truc que j’adore, c’est qu’il évite ce mythe de “la genAI va vous faire gagner du temps” (je n’y crois pas, mais pas du tout – dans le pire des cas, j’en perds, dans le meilleur, je fais des trucs que je n’aurais jamais fait)
Les invités, Thomas Peyruse (roboticien et acteur, si si) et Luc Truntzler (consultant IA - on bosse ensemble sur un truc pour la rentrée 🤫), co-auteurs du livre IA pour la créativité, proposent une approche que j’apprécie particulièrement : et si on prenait le temps justement ? L’IA comme terreau pour faire pousser des idées, pas comme récurgitateur gloubiboulgesque de réponses ‘slop’.
Deux pépites pour vous donner envie de laisser ce podcast caresser vos neurones :
La technique des trois experts : forcer l’IA à incarner trois points de vue contradictoires qui débattent entre eux (thèse, antithèse, puis convergence). Malin pour débiaiser la flagornerie innée des chatbots (vous connaissez le terme ‘sycophancy”?). Tiens, ça fait écho à un article plus haut, non ?
Le questionnement socratique : demander à l’IA de vous poser 20 questions plutôt que de répondre. Les dernières questions, une fois le citron pressé, sont souvent les plus surprenantes. Ça devrait arriver juste avant le moment où tu as envie de balancer le chatbot dans les enfers numériques.
▼ Avant de partir, on parle IA et Climat…???
Bah non je ne vais pas évoquer l’influence (délétère) de nos usages de l’IA sur notre planète (même si c’est un peu fait dans le podcast mentionné ci-dessus).
Il s’agit plutôt d’une métaphore songeuse (qui aurait pu avoir sa place dans notre rubrique “Réflexion interrogative” – mais le rédac-chef a déjà donné la place à un autre 🤬).
En lisant “Tout comprendre (ou presque) sur le climat” (ici, tout comme la belle série de livres édités par le CNRS), les auteurs nous présentent les différences entre Météo et Climat (vous avez noté qui a préfacé ?)
Je retiens ici les deux éléments suivants pour cet article :
Durées : le Climat s’étudie sur au moins 30 ans alors que la Météo envisage la semaine suivante. Et une jolie analogie : vous pouvez être une personne très calme pendant 30 ans et vous énerver pendant 72 heures.
Méthodes : le Climat utilise des statistiques de long terme (les Data Scientists dans la salle évoqueront le Big Data) là où la Météo utilise des probabilités pour prédire le temps de demain matin.
Vous me voyez venir, là ? (surtout si vous avez suivi une de mes formations sur la genAI, ça devrait vous sauter aux neurones)
IA classique (disciminante/statistique [on met de côté l’IA symbolique pour les puristes]) et Climat
IA générative et Météo
Et donc, sommes-nous en train de vivre les 72 heures de l’IA grâce à l’IA générative, avant que d’autres IA ne prennent le pas sur le temps long ?












