PdF 25-11>45
Connaître. Et découvrir, explorer. Admettre qu'on ne sait pas. C'est du sérieux pour cette édition ! On vous gâte.
▼ Édito
— Tu sais quoi ?
— Non, quoi ?
— Sérieusement, tu sais quoi ?
— Ah, je comprends - bah je sais que je ne sais rien ! 😃
— Ok, c’est déjà ça, tu as de l’humour. Alors reste branché et accroché, ça secoue !
Saviez-vous que sur le site, vous pouviez consulter toutes les éditions passées ? Et si vous voulez être certain de recevoir la prochaine, il y a un truc facile à faire et à partager sans modération ⤵️
Dans cette édition, vous allez découvrir :
des questions 💭
moins de BB 🐣
une conf 🎤
et d’autres bricoles 👩🏻🔧
▼ Phrase propulsée
« La connaissance s’élabore contre une connaissance antérieure. »
Gaston Bachelard
C’est chic de citer un philosophe dont tu as du lire deux textes en terminale. Pourtant, c’est pas con ce qu’il a dit : c’est tout le sujet de notre édition. Comment bâtir nos connaissance ? C’est finalement une lutte pour remettre en cause le statu quo. S’interroger et interroger le monde. Peut-être un peu agir aussi, non ?
▼ Réflexion Interrogative
Les trois cercles du savoir… (part I)
On vit tous entourés de trois types de savoirs. Ce que je sais et ce que je ne sais pas.
— Dis, PdF, tu crois que je ne suis pas. Tu dis trois et tu en annonces deux… Grrrr
— Merci vigilante abonnée, tu as raison. Attends la suite
— Ton truc ça me rappelle la célèbre phrase que j’ai trouvé sur le blog de mon ami H : “Dans la vie il y a trois sortes de personnes, celles qui savent compter et les autres...”
— Bravo lecteur curieux, on est pile là-dessus. Suivez-moi tous les deux.
Dichotomie ternaire 😳
1 - Ce que je sais que je sais.
Le domaine familier. Le terrain stable. Celui où je peux poser mes deux pieds, lever la tête et dire : “Là-dessus, je peux peut-être vous aider.”
C’est ce que je mets en avant auprès de mes clientes et clients, et ici même dans Passeur de Futur. Pas pour briller (mais si je brille à vous yeux, les miens seront remplis de joie quand même 😘). Juste parce que c’est la zone où je peux réellement être utile.
Passons à l’inconnu. Ce que je ne sais pas. Cette zone se subdivise elle-même en deux.
2 - Ce que je sais que je ne sais pas.
Ce territoire un peu brumeux que je vois au loin. Je sais qu’il existe, je sais que je ne le maîtrise pas, et donc… je n’en parle pas. Je l’ignore sciemment en quelque sorte.
Simple non ?
Dans un monde où tout le monde est expert dans tous les domaines, j’affectionne particulièrement de dire “je ne sais pas”. C’est presque devenu un acte militant. C’est aussi une hygiène mentale. C’est presque une marque de fabrique chez mes clients : si je ne sais pas, je vous le dis et ensuite je peux creuser si je pense pouvoir apporter quelque chose. Ça évite des heures pour réfuter des thèses absurdes (cf. la loi de Brandolini dont nous parlions en début d’année).
Et puis, il y a …
3 - Ce que je ne sais pas que je ne sais pas.
Les zones aveugles. Les espaces invisibles. Ces domaines dont j’ignorais totalement l’existence… jusqu’à ce que quelqu’un m’en parle, me montre, m’éclaire.
À ce moment-là, je n’ai qu’une réaction : dire merci.
Merci de m’avoir ouvert une porte que je ne voyais même pas. Merci de m’avoir élargi l’horizon. Il est probable que ce nouvel espace basculera dans la zone n° 2 mais il suffira d’une infime proportion de ces découvertes filtrants vers la zone 1° pour me remplir de curiosité avide.
Et vous, comment appréhendez-vous l’ignorance ?
Dans votre quotidien, dans votre métier, dans vos réflexions…
Sur quels sujets mettez-vous fièrement (avec bienveillance bien entendu - sans bienveillance à tout propos aujourd’hui, tu n’es pas audible) en avant ce que vous savez ? Lesquels assumez-vous de ne pas maîtriser ?
Et surtout : quand avez-vous remercié quelqu’un pour vous avoir révélé un “je ne savais même pas que ça existait” ?
Comment développer notre capacité à accueillir l’inconnu — et à être reconnaissant quand il nous surprend ?
Une piste pour notre futur ?
▼ Brèves de comptoir
📄 L’usine à papiers scientifiques – Une étude parue en août 2025 dans PNAS (vous ne connaissez pas PNAS ? en synthèse, c’est l’organe de presse de l’académie de sciences US) révèle que les fraudes scientifiques ne sont plus le fait d’individus isolés. Elles impliquent des réseaux organisés d’éditeurs, d’auteurs et de courtiers qui facilitent la soumission massive de publications frauduleuses. Le nombre de nouveaux articles suspects doublerait tous les 18 mois, alors que le total d’articles scientifiques double seulement tous les 15 ans [Agence Science-Presse]. Et avec la genAI capable de pondre un papier en quelques secondes, good luck pour garder la confiance dans la littérature scientifique... [Polytechnique Insights]
▼ Visuel Numérique
Fertilité, non - Taux de natalité, pas mieux
La quasi-totalité des pays occidentaux affichent des taux de natalité bien en dessous du seuil de renouvellement des générations, fixé à 2,1 enfants par femme (et ouais, parce que jusqu’à preuve du contraire, les hommes ne peuvent pas enfanter et les “bébés éprouvettes” portent mal leur nom). Israël fait figure d’exception parmi les nations occidentales en dépassant ce seuil. La France s’en sort relativement mieux que ses voisins européens, mais reste elle aussi sous la barre fatidique - donc elle s’en sort moins mal, mais elle ne s’en sort pas quand même.
On parle des retraites ?
Le vieillissement démographique entraîne une augmentation du ratio de dépendance des personnes âgées, ce qui pèse sur les systèmes de retraite et de santé. Une étude de 2023 publiée dans l’American Economic Journal montre qu’une hausse de 10% de la population âgée de plus de 60 ans réduit le PIB par habitant de 5,5% — un tiers dû au ralentissement de l’emploi, deux tiers à la baisse de productivité.
Et demain ?
Comment nos économies, nos systèmes sociaux, nos villes même, vont-ils s’adapter à un monde où la jeunesse devient une denrée rare ? Pire si on ajoute que les entreprises sont de moins en moins prêtes à embaucher des jeunes (à cause de l’IA parait-il, mais pas que en fait)
▼ Quoi de neuf chez Future Path ?
Vous connaissez apidays (oh, happy days…) ? C’est les 9, 10 et 11 décembre au CNIT.
C’est une conférence … pas que sur les APIs. Je me demande même comment on peut imaginer faire une conférence sur les API en fait. Mais le sujet c’est l’IA et c’est probablement la dernière conférence sur ce sujet de la saison parisienne. L’an passé, j’y avais rencontré Gilles Babinet (livre offert et dédicacé) et Damien Douani (exactement, celui de “Chat j’ai planté” mentionné dans notre première édition - bravo de vous en souvenir).
Et vous savez quoi, voici un lien pour vous y inscrire gratuitement (c’est quand même un event à près de 1.000€ le billet…). Vous sélectionnez le billet normal - oui oui celui à 999€ (vous me faites un virement de la moitié quand c’est bon) et le billet devrait passer automatiquement à 0€… Une dinguerie.
Comme disait une célèbre pub (de #okBoomer) : « il faudrait être fou pour dépenser plus » - mais attention la quantité est limitée !
J’y serai le 10 (certainement pas le 11 - je vous dirai pourquoi plus tard). On s’y retrouve pour un Kfé ou le déj ?
▼ Média
Le podcast de Daphnée avec Flavien
Daphnée Lucenet a sa propre newsletter (IA Éthique Insider) et tient un podcast éponyme et mensuel. Vous n’y lirez pas du blabla remâché et consensuel. Elle exprime ses idées et nous permet de penser un peu plus en profondeur ce sujet qu’est l’IA et son impact sur notre monde. Avec une grande intelligence (mais qui suis-je pour écrire cela en fait ?) et une large variété de thèmes. Brèfle, j’adore.
Elle a reçu Flavien Chervet, un fou. Attention, pour moi “fou” ici est synonyme de génial et me permet de marquer son côté iconoclaste, hors des normes bien pensantes établies (ce qui ne veut pas dire qu’il est “mal pensant” ou malveillant - pas de manichéisme). Autant vous dire que je fais un énorme complexe d’infériorité face à un gars comme lui - j’ai le privilège d’en côtoyer deux comme ça (l’autre s’appelle Antonin).
Imaginez une discussion animée autour d’un café (il parait qu’on appelle ça un podcast), où l’on explore les mystères de l’intelligence artificielle (IA). Flavien, esprit vif et curieux de tout polymath, affirme que l’IA moderne atteint des niveaux d’intelligence qui nous poussent à repenser ce qui définit vraiment l’humanité. Waow, rien que ça. Accrochez-vous aux branches parce que le voyage secoue. Un des rares podcast que je mets au ralenti pour que les idées puissent infuser tranquillement. Je ne suis pas d’accord avec tout (ou alors je n’ai pas compris) mais c’est tellement bon de ne pas vivre dans une chambre d’écho (coucou LinkedIn).
Au lieu de se focaliser sur une prétendue supériorité humaine, basée sur la raison ou la créativité, Flavien propose une perspective plus nuancée. Il suggère que notre humanité réside plutôt dans nos limites et notre vulnérabilité, comme la faiblesse ou la mortalité, qui sont à la base de l’empathie et des liens sociaux.
La conversation prend ensuite une tournure philosophique, explorant les différentes théories sur la conscience. Et là je ne spoile pas plus pour vous laisser profiter. Un régal pour vos neurones biologiques à écouter en toute tranquillité pour que votre cerveau s’émoustille.
vous vous souvenez de ça la semaine passée ? Maintenant, vous savez… Et ça commence la semaine prochaine 🙌
Un grand merci à notre fidèle lecteur Hervé
En référence à notre article d’il y a deux semaines sur les robots, Hervé nous a produit une analyse pénétrée dans un de ses articles passionnants. En toute discrétion. Mais voilà je suis tombé dessus (c’est lui “l’ami H” un peu plus haut en fait). Donc il va avoir une tonne de nouveaux lecteurs. Ne me remercie pas Hervé, c’est k(u)do(s).













