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Forcés. On passe du côté brillant de l’IA, on explore l’Espace et on découvre que vos fichiers cachent un secret
▼ Édito
Que la Force soit avec vous. Cette édition est traversée par un thème qui revient sous toutes ses formes : la force. Celle de l’IA quand on sait la piloter, celle qui propulse des satellites, et celle (on pourrait dire électro-faible) d’un petit format de fichier que mon IA m’interdit de nommer devant un client.
Et puis il y a une annonce. Celle que je vous tease depuis deux semaines. Elle est là, plus bas. Je ne vous en dis pas plus ici, mais sachez que j’ai rarement été aussi enthousiaste.
Dans cette édition, vous allez découvrir :
un côté brillant ✨
de la poussière d’étoiles 🧬
un secret 🕵🏼
et d’autres bricoles 👩🏻🔧
Saviez-vous que sur le site, vous pouviez consulter toutes les éditions passées ? Et si vous voulez être certain de recevoir la prochaine, il y a un truc facile à faire et à partager sans modération ⤵️
▼ Phrase propulsée
« Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie. »
Sir Arthur Charles Clarke – Troisième loi (de l’innovation)
Si si c’est le même que dans “Arthur C. Clarke” qui a écrit… bon vous savez le truc Zarathustra et les singes, le monolithe et tout et tout.
Sinon, citer Clarke dans une édition qui parle d’espace ET de Force IA, c’est presque trop facile. Mais avouons que cette phrase décrit exactement ce qui se passe quand tu montres à quelqu’un ce qu’un système agentique bien architecturé est capable de lui faire dire : “mais… c’est dingue, c’est magique ?”. Non (car tout le monde sait que mon mantra est “l’IA, c’est pas magique”). C’est de l’architecture. Et c’est justement la différence entre le côté obscur (copier-coller aveugle) et le côté brillant (piloter, structurer, challenger). D’ailleurs, Clarke était aussi celui qui a inventé l’orbite géostationnaire (eh oui, c’est Wiki qui le dit) ce qui nous amène à notre rubrique spatiale de fin d’édition. Vous allez dérouler une belle pelote où tout est lié.
▼ Anecdote
Aime Dé pour Elle, elle aime
Une très brève anecdote. Récemment pour un client (mettons qu’il bosse dans le juridique - mais le truc marche parfaitement avec le marketing, les RH, les ops, la finance, …), nous travaillons sur des Cas d’Usage de l’IA. Et plus spécifiquement sur des Agents (mais là n’est pas le sujet — Charles-Antoine arrête de perdre ton monde, surtout en début de newsletter m’enfin).
On en arrive aux données qui seront nécessaires pour que le bestiau donne de bons résultats (je vous rassure : préalablement, on s’est bien occupé de la partie User, Usage & co). Je lui fais une petite liste de course en lui indiquant le format de fichier souhaité par source (@techos : cherchez pas les API ici, ce sera pour plus tard). Je fais relire par mon système IA (dingue hein ? ce n’est pas lui qui produit mais il me note sur plusieurs critères pour que je m’améliore…). Et il commente : “ne dis pas à Gilles (le prénom a été changé pour préserver la confidentialité - on a une ligne éditoriale à tenir ici !). Ne dis pas à Gilles que le format est MD, dis lui juste fichier texte sinon tu vas le perdre”.
Je n’ai pas voulu me battre (il m’aurait peut-être dégradé ma note … 🥶) et argumenter qu’il y a fichier texte et fichier texte (structuré, semi-structuré, texte libre, …).
Mais sachez chère innovatrice et cher explorateur que l’avenir est fait de plein de petits fichiers MD (n’allez pas le répéter à mon IA, hein - elle m’interdit déjà d’en parler à Gilles, c’est pas pour que vous alliez cafter). Et ce n’est pas la rubrique centrale qui me démentira. Vous ne les verrez quasi jamais. Et si vous en êtes encore à vous gratter la tête en vous demandant ce que MD peut bien signifier, je ne vous le dirai pas tant c’est sans importance.
Mais bon, comme je suis un passeur, je vous le dis quand même : MD=MarkDown, ou plus simplement Markdown - une version picoscopique de HTML, avec une dizaine de balises marqueurs seulement, qui reste lisible par les humains et surtout adoré des LLM.
▼ La minute méthodo
Il y a deux éditions, j’évoquais mon petit projet chéri dont le nom de code est The Mother of all AI Projects. Pour les plus jeunes, la réf était dans The Mother of all demos de Douglas Engelbart (si vous ne connaissez pas : il a juste inventé à peu près tout votre quotidien digital, une paille quoi !).
Je compte bien vous en conter l’aventure prochainement - mais l’actualité n’attend pas. Aussi je préfère vous parler d’une nouveauté un peu plus bas qui n’est pas étrangère au sujet : elle vous permettra de créer vous aussi votre Mother of my AI systems.
▼ Brèves de comptoir
🧬 On est (vraiment) faits de poussière d’étoiles : les cinq bases chimiques de l’ADN (mais si vous savez les fameux A, C, T, G - ah bah non en fait, il n’y en a que 4. True pour l’ADN, mais dans l’ARN, T devient U). Brèfle, le club des cinq a été retrouvé sur un deuxième astéroïde après celles découvertes sur un autre astéroïde. La vie sur Terre a peut-être été livrée par colis spatial. Carl Sagan avait raison, et les frais de port étaient gratuits.
👶 13 millions → 4,9 millions : c’est la chute de la mortalité des enfants de moins de 5 ans depuis 1990. Diarrhée -75 %, paludisme -63 %. Mais il reste tout de même que 4,9 M d’enfants meurent encore avant 5 ans (concentrés en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud). Les outils pour aller plus loin existent déjà (investir massivement et de façon ciblée dans les soins de qualité, la lutte contre les infections / malnutrition, renforcer les systèmes de santé). Ce qui manque ? La volonté politique. [UNICEF].
▼ Visuel Numérique
Riche ou heureux : faut-il vraiment choisir ?
Ce visuel de Visual Capitalist croise deux classements : le PIB par habitant (données FMI) et le score de bonheur du World Happiness Report 2026, où les gens évaluent leur vie sur une échelle de 0 à 10.
Le Liechtenstein trône au sommet de la richesse avec plus de 206 000 $ par personne. Mais côté bonheur ? Absent du top 20. Idem pour Singapour et le Qatar, pourtant parmi les nations les plus riches de la planète.
À l’inverse, les pays nordiques trustent les deux classements. La Finlande reste championne du bonheur pour la neuvième année consécutive. Et le Costa Rica s’invite dans le top 10 du bonheur en surclassant des économies bien plus puissantes.
▼ Pépite immédiate
J’en ai une très belle.
Elle est anglaise et renouvelle le genre.
Elle est maligne et polymorphe.
Elle est gourmande et délicieuse.
Un peu jeune pour que je vous la présente aujourd’hui.
J’attends la prochaine release et je vous la sers-tis (la pépite 😂).
▼ Quoi de neuf chez Future Path ?
La Force IA dévoilée
La semaine dernière, je vous promettais le supraluminique. Voici de quoi il s’agit.
J’ai structuré les mois d’accompagnement que je mène auprès de dirigeants et d’indépendants seniors en un programme : La Force IA. Avec une tagline assumée : Passez du côté brillant de la force de l’IA (oui, la réf et le double sens sont travaillés !)
Parce qu’il y a bien un côté obscur. Celui où on copie-colle sans réfléchir. Où on fait confiance à un texte parce qu’il est bien écrit. Où près de 80% des gens suivent l’IA même quand elle a tort (et ça devrait tous nous inquiéter un peu, cf la Reddition Cognitive de la semaine passée [mais oui tout est lié dans cette newsletter, vous croyiez quoi ?]).
Et il y a le côté brillant. Celui où l’IA devient un vrai levier de réflexion et de travail. Pas besoin de “prompter mieux” (je vous annonçais dès l’an passé la mort du prompt), plutôt en changeant sa manière de travailler avec elle.
Le monde de l’IA a traversé trois ères en trois ans :
savoir demander (ils ont appelé ça le “Prompt Engineering”)
savoir structurer le contexte (là, c’était le “Context Engineering”)
savoir piloter un système (maintenant le “Harness Engineering”)
La plupart des dirigeants sont encore à la première. Ce programme accompagne la traversée des trois : à votre rythme, sur vos vrais sujets.
Concrètement : du 121 (aka : one-to-one) en visio, des sessions courtes qui se glissent facilement dans votre agenda, du travail entre les séances, un fil rouge construit sur un de vos vrais projets. Trois parcours : Essentiel (maîtriser), Complet (architecturer), Signature (transformer).
Et pourquoi pas “productivité” ? Parce que ce que je vois chez les participants, ce n’est pas “faire plus vite”. C’est penser mieux, structurer plus clairement, décider avec plus de matière. L’effet levier est intellectuel avant d’être opérationnel. La productivité vient après, comme une conséquence.
En synthèse, ce programme répond à l’interrogation de ma collègue Emma (cf la semaine dernière — décidément, tout est lié… c’est bien foutu Passeur de Futur quand même !)
“Pas pour faire du code, surprenant”.
Les systèmes agentiques comme Claude (et consort) vous permettent d’architecturer vos projets, vos missions, vos activités. Et même s’ils disent “code” dans le nom, je vous montre que la grande majorité des utilisatrices ne génèrent pas de code : c’est un vrai assistant.
Un cas édifiant
Un exemple tout frais de ce matin : je donne à un de mes systèmes IA une proposition d’une entreprise pour une collaboration. En 2 secondes (5 en fait), il analyse le texte et me répond “C’est une opportunité de sous-traitance/partenariat qui colle bien à ton profil. Quelques observations : [… ici une analyse détaillée …]” et conclut par “Mon avis : ça vaut un échange exploratoire pour comprendre leur modèle”. S’ensuit le mail à envoyer (je peux vous montrer comment tout connecter : mail, Notion, Canva, etc… mais perso ne le recommande pas).
Le plus fun de l’histoire, c’est que je n’ai pas écrit une seule instruction pour mon système, pas de prompt alambiqué, pas de technique de sioux. Pas une seule. Pas du tout. C’est Claude qui a tout fait : moi j’ai architecturé, piloté, challengé, orchestré, poussé, critiqué, retenu (les chevaux), orienté, … enfin vous saisissez. C’est ce que j’ai aussi fait pour mon système VIA publié sur GitHub.
Ce qu’on fera ensemble
C’est ça que je voudrais vous montrer. Des séances courtes et pratiques, rien que pour vous pour vos sujets. Je ne vous livre pas le système, vous n’écrivez pas le système : vous apprenez à le faire générer en questionnant et pilotant l’IA. C’est addictif, indépendant d’un acteur (tout votre système est sur votre machine) et évolutif (puisque vous maitrisez le bestiau).
Je vous confie les rennes… (d’où le Harness Engineering - on en reparlera)
P.S.: le nom “La Force IA” a bien entendu un lien (encore un lien…) avec notre carrousel de la semaine (à la fois la réf StarWars et la question de fin).
▼ Avant de partir dans l’Espace
Le spatial digital (un exec sum à la pace d’un épais rapport)
L’IA s’infiltre dans chaque couche de la chaîne de valeur spatiale : du design des satellites à l’exploration de Mars. Et transforme un secteur à 630 milliards de dollars en infrastructure cognitive autonome.
Le New Space passe à l’IA (et dire que le grand patron d’un acteur industriel majeur de l’espace n’y croyait pas du tout il y a 10 ans). On vous dit tout en complément du carousel publié sur LinkedIn (eh oui, celui avec notre tagging de malade “IA de l’espace” - introuvable par une IA celui-là 😂)
Pourquoi c’est sur le radar
L’économie spatiale est projetée à 1.800 milliards de dollars en 2035 (McKinsey/WEF). L’IA en est le facteur d’accélération principal. En janvier 2026, Perseverance a réalisé les premiers déplacements sur Mars planifiés par Claude (sagement restée au JPL). En mars 2026, NVIDIA a lancé des modules de calcul spatial 25 fois plus puissants que la génération précédente. Planet Labs, leader de l’observation de la Terre par IA, a atteint la rentabilité (244 M$ de revenus, 976 clients). Le spatial devient un laboratoire grandeur nature de l’IA autonome.
Les fondamentaux
L’IA spatiale est tirée par la physique, pas par le hype. La latence Terre-Mars (4-24 minutes) rend le contrôle humain en temps réel impossible. La bande passante limitée impose le traitement embarqué. Le volume de données satellite (pétaoctets) dépasse les capacités humaines. Dans l’espace, l’IA est une condition d’opération, pas une option.
L’observation de la Terre est le cas d’usage mature et déjà rentable. Des modèles fondationnels géospatiaux (ESA PhilEO, TerraMind) transforment les images satellite en intelligence actionnable pour le climat, l’agriculture et la gestion de crise. C’est le seul segment avec un ROI mesurable aujourd’hui.
Le datacenter orbital reste une promesse sous contrainte. Énergie solaire continue et froid plus que polaire (enfin pas tout le temps en fait), proximité des données des satellites : les promesses sont réelles. Mais dissiper 1 MW de chaleur en orbite exige 1.200 m2 de radiateur, les puces durent 5-6 ans sous radiation, et la viabilité économique exige des coûts de lancement sous 200 $/kg (Breakthrough Institute). Google, Starcloud et la Chine investissent, mais aucun datacenter orbital n’a prouvé sa viabilité.
La convergence IA-espace crée un problème de gouvernance inédit. L’IA et le spatial sont chacun des technologies dual-use (civil/militaire). Leur convergence crée des risques que les cadres existants ne savent pas traiter : des décisions IA en microsecondes, dans un environnement où l’hypothèse d’un humain dans la boucle ne tient plus (Brookings, 2025).
Implications
L’espace est un banc d’essai pour l’IA autonome en entreprise. Les problèmes résolus en orbite (autonomie sous contrainte, traitement à la source, gouvernance des agents) sont les mêmes que ceux qui se posent dans les opérations industrielles, la logistique ou la surveillance d’infrastructures (oui, là on ne parle pas de la petite IA qui tourne sur votre ordi, mais plutôt celle de l’industrie)
La souveraineté des données spatiales est un enjeu stratégique. Les modèles fondationnels géospatiaux sont développés par l’ESA (open source) mais aussi par des acteurs privés américains (ah oui ?). L’Europe intègre explicitement la data sovereignty dans sa stratégie spatiale, mais avec un horizon à 2036 contre des déploiements US et chinois déjà opérationnels (bah voilà).
Le marché de la gestion du trafic spatial (16 Md en 2025 projeté à 45Md en 2034) est un nouveau domaine d’application IA où les compétences de traitement temps réel et d’automatisation sont critiques.
Vous voulez les réf !
McKinsey / WEF, “Space: The $1.8 Trillion Opportunity” (2024) — https://www.mckinsey.com/industries/aerospace-and-defense/our-insights/space-the-1-point-8-trillion-dollar-opportunity-for-global-economic-growth
Brookings Institution, “AI drives new opportunities and risks in space” (2025) — https://www.brookings.edu/articles/ai-drives-new-opportunities-and-risks-in-space/
Et notre rapport complet (avec encore plus de contenu pour aller plus loin : j’en connais qui vont se régaler…)
Si cette édition vous a fait réfléchir, sourire ou lever un sourcil : un petit ❤️ en bas fait plaisir au rédac-chef (et l’encourage à se relever la nuit pour écrire).
















