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Comment des bébés coraux peuvent-ils se retrouver au milieu d'un dossier "IA et Marketing Digital" et les médecIAns qui nous écoutent incidemment ?
▼ Édito
Le chapeau de cette édition est un peu mystérieux. Cependant, il est tout à fait en phase avec notre contenu de la semaine. On poursuit notre publication sur LinkedIn d’un carrousel avec le dossier complet. Vous trouverez aussi une anecdote croustillante sur l’usage de l’IA en toute (in)discrétion par les médecins. Entre autres… C’est ça Passeur de Futur : chaque semaine, des sujets qui vont forger notre demain.
Stop. N’’allez pas consulter les éditions passées… car en tant qu’abonnée de longue date, vous les avez toutes lues. Mais pensons aux nouveaux abonnés, que pourrions-nous leur recommander comme articles récents ? Celui sur la Souveraineté Numérique, ou alors notre série (1 et 2) sur les Synthetic Persona (pour faire écho à notre dossier de cette semaine sur le Marketing Digital)?
Et si vous n’êtes pas abonnée du tout, alors un seul geste pour rejoindre cette belle communauté en croissance ⤵️
Dans cette édition, vous allez découvrir :
Le choc 🇨🇳
Les p’tits 🪸
Les médecins 👩🏾⚕️
et d’autres bricoles 👩🏻🔧
▼ Phrase propulsée
« La santé dépend plus des précautions que des médecins. »
(Jacques-Bénigne) Bossuet
Bon déjà, on découvre le prénom de Bossuet. Et ensuite, on appréciera cette notion de précaution à la lecture de la rubrique suivante… On ne vous en dit pas plus. Mais on y reviendra tout en bas de cette édition, dans le petit “footer” à côté duquel il est si facile de passer mais qui pourrait vous rappeler les petites notes humoristiques en pied de page de certaines BD.
▼ Anecdote
De l’IA en médecine…
Petite visite chez le toubib (un spécialiste). Visiblement, il revient de vacances et a l’air en pleine forme. Je lui demande s’il est parti et me répond par l’affirmative en ajoutant qu’il a l’impression de revenir plus fatigué qu’en partant (on en reparle plus bas).
On bascule sur la partie médicale dont je vous passe les détails insignifiants. Je ne sais plus bien comment, mais on arrive sur l’IA et l’aide qu’elle peut apporter aux médecins (promis, j’ai pas lancé le sujet !). Selon lui, pour l’IRM, c’est pas du tout au point (âmes sensibles ne lisez pas la suite : il m’ajoute qu’un interne qui lit une IRM produit un résultat à 50% juste – en gros, pas mieux que le hasard total 🤨). En fait, le coupable, ce serait les dispositifs qui ne sont pas encore assez lisibles pour permettre une interprétation pertinente. Je n’ai rien à ajouter là-dessus car j’ai pas fait de recherches pour vous apporter un autre point de vue. Nous sommes dans la rubrique “Anecdote” pour mémoire…
On en arrive à ce truc bien surprenant : il conclut en me disant que pour le moment et pour lui, l’IA (toujours cet amalgame “IA=genAI”, passons) c’est surtout du rédactionnel. A ce moment, il tourne son PC vers moi pour me montrer (genre un peu condescendant comme beaucoup de médecins) que l’IA écoute en live la consultation et … STOP, on relit. L’IA écoute en live notre conversation. Et moi, j’ai pas été prévenu, si ? Je l’interromps et lui dis : “l’IA nous écoute et je n’ai pas été prévenu donc…”. Lui, superbe et droit dans sa posture de sachant qui accepte de descendre de son piédestal : “mais si, là je vous montre. C’est Doctolib qui gère”. Désarmant. J’ai tenté de convaincre le Charles-Antoine-argumenteur de rester chez lui et j’ai sorti le Charles-Antoine-docile (lui , il est encore tout neuf et sort assez peu souvent 🤭) : pas simple cette ménagerie à dompter. Il a quand failli faire ressortir le Charles-Antoine-un-peu-souverainiste quand il m’a appris que tout était sur les serveurs d’Amazon. Ouf, j’ai failli être inquiet qu’une French Tech comme Doctolib ne montre pas l’exemple.
Brèfle, il me montre que le rapport de consultation se fait en live, l’IA remplissant les différents champs comme il se doit. Toujours magnifiquement maître, voire professoral, le spécialiste ajoute qu’il reste aux commandes et valide tout par lui-même. The très fameux Human-in-the-loop. Merci Docteur.
Il me tend le CR à remettre à ma généraliste (bon il n’est pas encore au courant qu’elle l’a déjà reçu dans sa messagerie et moi dans la mienne — merci Doctolib). Par curiosité, je lis le CR. Ça débute par :
Le patient présente une fatigue accrue après les vacances par rapport à avant les vacances…
Tout va bien… On est rassuré.
Anecdotique donc.
▼ Réflexion Interrogative
Verre ou ADN : où rangera-t-on la mémoire du monde ?
Microsoft vient de dévoiler Project Silica : une puce de verre borosilicaté (oui, le même matériau que votre plat Pyrex) de 2 mm d’épaisseur, capable de stocker 4,8 téraoctets de données. Gravure au laser of course. Durée de vie estimée : 10.000 ans. Aucune énergie nécessaire pour la conservation. On pose sur une étagère, on oublie, on revient dans quelques millénaires. Faut juste éviter de le mettre au four pour votre prochain gratin ou le faire tomber.
De l’autre côté du ring, il y a l’ADN synthétique. La start-up française Biomemory (issue du CNRS) a déjà encodé la Déclaration des Droits de l’Homme dans de l’ADN (un peu plus classe qu’un jeu, non ?), désormais conservée dans l’Armoire de Fer des Archives nationales. Un gramme d’ADN pourrait théoriquement contenir 215 millions de gigaoctets. Durée de vie : potentiellement plus de 50.000 ans. Et la totalité des données des 10 millions de datacenters mondiaux tiendrait dans… 200 grammes (gaffe à pas lâcher l’éprouvette, hein ? - euh, mais on a vraiment 10M de datacenters dans le monde ?)
Deux approches radicalement différentes pour le même problème : comment conserver durablement l’avalanche de données que nous produisons (175 zettaoctets et ça grimpe encore), alors que nos disques durs lâchent au bout de dix ans (euh quand ce n’est pas beaucoup beaucoup plus vite) et que les bandes magnétiques s’usent ?
Rappel : 1 zettaoctet = 1 Zo = 10²¹ o = beaucoup = 1 milliard de téraoctets quand même. On reprend pour réviser : ko, Mo, Go, To - fastoche jusque là. Ensuite ? Po (pétaoctet), puis Eo (exaoctet) et donc Zo (vous suivez ?). On se fait les 3 suivants (normalement, on a perdu 99,99% des lecteurs – donc je continue pour toi, là, qui sait et qui, seul, va continuer à lire pour être sûr que je ne dis pas de bêtises — mode cheat sheet activé) : Yo, Ro et Qo (je connaissais pas du tout les 2 derniers… vous voulez leur petit nom quitte à être arrivé jusqu’ici sans glisser sur le § suivant : yottaoctet, ronnaoctet et quettaoctet). Now you know, ou pas… Ah si un autre truc édifiant : 1h de conduite en Tesla, c’est direct 3 To de données (l’intégrale de Wikipedia avec les images, c’est moins de 50Go - 60x moins…)
Le verre mise sur la physique et la simplicité : graver une fois, lire à l’infini, zéro maintenance. L’ADN mise sur la biologie et la densité : ultra-compact, quasi éternel.
Mais la vraie question qui compte
Si vous deviez choisir ce qui mérite de traverser les millénaires, que choisiriez-vous de graver dans le verre ou de coder dans l’ADN ?
Nos textes fondateurs ? Nos découvertes scientifiques ? L’intégralité de Wikipedia ? Les photos de famille de 8 milliards d’humains ? Le procédé de fabrication de cet ADN synthétique (ah bah c’est malin ça…) ? Vos conversations Teams ?
▼ Visuel Numérique
T’as ton ticket pour ne China Shock 2.0 ?
Vous vous souvenez du premier “China Shock” ? Celui des années 2000, les jouets, le textile, les chaussures. Ça piquait déjà. Mais au fond, c’était du bas de gamme (euh, Shein c’est du haut de gamme alors ?). On pouvait se consoler en se disant qu’on gardait le haut du panier : le luxe, la tech, les machines, les voitures.
Mauvaise nouvelle : le deuxième China Shock est en cours et il vise précisément ce haut du panier (pour le luxe, pas encore certain – faudra peut-être attendre le Shock 3.0)
Visual Capitalist nous l’illustre visuellement de manière très claire.
En 2012, les industries à forte intensité de main-d’œuvre (textile, cuir, meubles…) généraient un excédent commercial de 386 milliards de dollars (courbe grise) pour la Chine — le double des surplus combinés en machines (en bleu) et équipements élec et de transport (en rouge). On avait l’habitude.
Fast forward en 2025. L’excédent dans les équipements électriques, électroniques et de transport (toujours en rouge) est passé de 185 milliards (2020) à 670 milliards de dollars. Celui de la machinerie : de 97 à 250 milliards. Pendant ce temps, les exportations traditionnelles restent stables. Ce n’est plus de la croissance, c’est une transformation structurelle.
Véhicules électriques, panneaux solaires, semi-conducteurs, IA : la Chine ne se contente plus d’assembler pour les autres. Elle conçoit, produit et exporte à une échelle qui rebat les cartes industrielles mondiales.
C’est quoi la suite ?
▼ Quoi de neuf chez Future Path ?
Il parait que vous aimez bien les petits carrousels du mardi sur LinkedIn et du rapport complet dans l’édition hebdo de cette newsletter. Alors nous y voilà avec le sujet du jour : IA et Marketing Digital.
Ce n’est pas vraiment mon domaine le marketing (fut-il digital). Autant vous dire si j’ai été prudent avant de réaliser le carrousel sur la base des recherches de mon système via. (upgradé récemment). J’ai d’ailleurs revue le système de fond en comble pour le rendre encore plus solide, mener des recherches plus pertinentes et mieux jauger de la qualité produite. Je serais curieux de vos retours.
En attendant, voici le rapport complet sur l’IA et le marking digital qui approfondit la carrousel déjà publié.
▼ Avant de partir,
Des bébés coraux sont nés aux Seychelles. En labo.
On termine sur une note d’espoir marin. Sur l’île de Praslin, aux Seychelles, un laboratoire terrestre d’élevage de coraux vient d’enregistrer sa toute première ponte réussie. Et pas qu’un peu : environ 800.000 embryons de coraux produits à partir de 14 colonies parentales, dont 65.000 juvéniles qui se sont déjà fixés et commencent à grandir.
La méthode mise en oeuvre vaut le coup (Avant de partir – pile le nom de la rubrique… le monde est bien fait, non ?). Contrairement au “jardinage corallien” classique, qui consiste à fragmenter des colonies existantes (et produit donc des clones génétiquement identiques), ce labo mise sur la reproduction sexuée contrôlée. Résultat : des descendants génétiquement divers, donc potentiellement plus résistants aux épisodes de blanchissement liés au réchauffement climatique. C’est toute la différence entre photocopier un survivant et fabriquer une nouvelle génération capable de s’adapter.
Le projet est né d’une collaboration entre Nature Seychelles, Coral Spawning International et Canon (mais si, le fabricant d’appareils photo), dont la technologie d’imagerie permet d’observer les processus de reproduction corallienne avec une précision inédite.
Prochaine étape : passer du proof of concept à l’impact à grande échelle. Les jeunes coraux cultivés en labo seront transplantés directement sur le récif, puis suivis pour mesurer leur survie en conditions réelles.
Un petit rappel qu’on peut aussi réparer ce qu’on a cassé. On l’a déjà prouvé avec l’ozone, et là ça part bien avec le corail. Il nous reste quoi comme sujets environnementaux déjà ?











