PdF 26-01>52
Séries en pagaille. Cette newsletter devient le Netflix des idées...
▼ Édito
On continue notre série sur les tarifs (un seul ‘f’) des prestations backées par la genAI, on en débute une autre (back to school). Et c’est un épisode à la fois, avec cliffhanger pour piquer votre curiosité et vous inciter à binger avec d’autres (faites participer vos proches, vos ennemies, vos collègues [pas exclusif de la catégorie précédente, même si on ne vous le souhaite pas], vos partenaires [business], … en les abonnant pour pouvoir ensuite en discuter lors d’une pause – essayez, vous verrez c’est sympa de faire partie de ce petit club très select des Passeurs de Futur).
D’ailleurs, vous pouvez consulter toutes les éditions passées sur le site ? Et si vous voulez être certain de recevoir la prochaine, il y a un truc facile à faire et à partager sans modération ⤵️
Dans cette édition, vous allez découvrir :
des souvenirs 💭
des fausses pistes 🐾
des exports 👷🏼♂️
et d’autres bricoles 👩🏻🔧
▼ Phrase propulsée
« Le besoin d’affabulation, c’est toujours un enfant qui refuse de grandir. »
Emile Ajar
On va debunker ce machin. D’abord l’auteur, qui avait la vie devant lui, n’est autre que Romain Gary [— merci Passeur de Futur d’enfoncer les portes ouvertes]. Ensuite, juste pas d’accord avec la phrase. On voit grandir les IA un peu plus tous les jours, elles poussent dans toutes les directions, elles se parent de beaux atours pour nous plaire, mais elles sont toujours dans les affabulations (les psy sont même plus tranchés car ils parlent de confabulation plutôt qu’hallucination – et si vous cherchez, vous verrez que c’est beaucoup plus pertinent en fait).
▼ Anecdote
Je vais te serrer le kiki, cher consultant dopé à l’IA - part III
Rappelez-vous le maître zen et son coq tracé en 30 secondes après 10 ans d'entraînement. Transposons à l’IA :
Quand je livre une analyse stratégique, un plan d’exploration, la construction d’un atelier d’innovation en 2 jours au lieu de 5, 10 ou 15j, le client voit “2 jours”. Il ne voit pas :
Les 24 mois à tester 50 outils d’IA
Les 500 discussions pourries avant de maîtriser l’art du dialogue efficace
Ma capacité à jeter 85% de ce que crache le chatbot (et reconnaître les 15% intéressants)
Mon jugement pour savoir quand l’IA est utile (et quand elle est toxique)
Ma R&D continue sur les usages experts dans mon domaine
(Sans parler des quelques années d’expériences hors IA)
L’IA n’est pas un accélérateur magique. C’est un pinceau dans la main d’un expert. [par cohérence, j’aurais dû écrire “maître” à la place d’expert, mais ça aurait été way-too-much pour moi – j’ai déjà du mal avec “expert”]
Dans les mains d’un débutant, il produira 10 dessins médiocres par jour. Dans mes mains, il produira 1 chef-d’œuvre document stratégique/plan projet/cadre d’innovation de qualité, utile et pragmatique.
Vous voulez payer le pinceau ou le maître ?
Avec cela en tête, tentons de regarder du côté des positions possibles à adopter. Nous le ferons en 2 étapes : 1°) dans cette édition, je reste sur mon interprétation cynique d’HA têtus [ça peut arriver…] et 2°) la semaine prochaine [promis, ce sera la conclusion de la série parce que l’édition d’après est déjà très chargée – ouais ouais, je sais, ça fait genre le gars il a un calendrier éditorial rempli 3 mois à l’avance], donc la semaine prochaine, on adopte l’interprétation épiphanique de Claude.
Bon ok et on fait quoi alors ? 3 positions stratégiques à tester sur le terrain.
Voici donc les éléments de réponses que j’avais initialement proposé à ma collègue (avant que Claude ne me propose une révélation).
1️⃣ – Position 1 : Deeper & Better
“L’IA ne me rend pas plus rapide, elle me rend meilleur”
L’erreur serait de jouer sur la productivité. La genAI ne fait pas gagner du temps (disclaimer : elle en fait même perdre, mais c’est un autre débat – j’ai encore lu ce matin une newsletter qui va dans le même sens : c’est agréable de voir combien j’ai été perçu comme à contre-courant de la bien-pensance ces derniers mois et enfin rallié par beaucoup maintenant). Elle permet d’aller plus profond et plus large.
Dear Mr Client, vous n’achetez pas 5 jours de conseil au lieu de 8, vous achetez une profondeur d’analyse que vous n’auriez jamais eue sans. Mon TJM reflète cette valeur augmentée.
2️⃣ – Position 2 : La transparence désarmante
“Voici exactement comment j’utilise l’IA (et pourquoi ça vous protège)”
Parce que ton client comprend la tech (contrairement à d’autres), je peux être transparent sur mon utilisation :
Abonnements payants (plusieurs solutions de genAI) avec opt-out d’entraînement
Zéro doc confidentiel dans les chatbots (anonymisation systématique)
Désactivation de la mémoire
Stack documentée : à chaque besoin sa genAI – en toute connaissance de cause
Je vais même vous partager en fin de mission, en toute transparence, quelle genAI j’ai utilisé pour quoi faire. Ainsi que comment j’ai protégé votre société et vous ai apporté de la valeur mesurable.
Dear Mr Client, vous avez donc la garantie d’une plus grande qualité et profiterez d’un retour d’expérience sur l’usage expert de l’IA (qui vous servira en interne).
3️⃣ – Position 3 : Le final twist paradoxal
“Seriez-vous prêt à me payer plus, mais sans IA, pour un résultat moins bon ?”
Question frontale : voulez-vous que je N’utilise PAS l’IA ?
Non ? Alors arrêtons de parler de réduction de coûts liée à l’utilisation de la genAI.
Dis comme ça, c’est un peu trash, mais vous saurez mieux mettre les formes que moi.
Dear Mr Client, vous m’avez ouvert les yeux. Je sais maintenant comment justifier une augmentation de TJM pour mon utilisation de la genAI.
En fait, cette histoire de TJM et de volume de jours me déprime (à titre perso – ce n’est pas un jugement absolu). Je n’arrive pas à me projeter dans ce modèle (c’est probablement lié à mon activité et à ce que je propose). C’est pour ça que je préfère les forfaits aux régies : je ne vends pas du temps de présence, mais de la valeur délivrée (sinon, autant m’embaucher). Et ça fait 25 ans que c’est comme ça. L’IA me permet d’en délivrer plus (et surtout pas toujours plus vite – d’ailleurs le perfectionniste que je suis, n’aura de cesse de ré-investir l’hypothétique temps gagné en approfondissements et autres améliorations, stupido que je suis).
Dear Mr Client, pourquoi paieriez-vous moins (avec tout le temps que je perds prends à utiliser l’IA pour vous)?
Merci de nous avoir suivi jusqu’ici. Surtout que tout cela est une fausse piste en fait (merci d’avoir perdu 5 minutes quand même 😆). On a fait le plus dur quand même : poser le problème et éliminer les impasses. La semaine prochaine, on conclut donc en apothéose avec la golden track, le truc vraiment bien vu par Claude et les postures que l’on peut en tirer.
▼ Visuel Numérique
Les exportations intra-européennes
Ce n’est pas le visuel de l’année, mais c’est un visuel interactif ! Donc vous composez celui que vous voulez 🙌
Vous pouvez faire joujou avec et observer les exportations intra-communautaires entre les différents pays. L’interface est simple (en mode test-observe-understand-re-test) et vous permet de mettre en comparaison fine jusqu’à trois pays.
A partir de la page d’accueil, sélectionner “Exports in Europe” et ensuite choisir jusqu’à 3 pays pour comprendre le triangle (amoureux ?). Par pays choisi, on peut filtrer la visualisation du nombre de partenaires d’exports (1 2 3 4 5 6… tout en haut). On peut aussi filtrer par nature des secteurs commerciaux.
C’est très bien fait et tout se base sur les données d’Eurostat.
On vous prend pas plus de temps pour vous laisser tester à loisir.
▼ Quoi de neuf chez Future Path ?
On vous parlera la semaine prochaine d’un event planétaire qu’on a contribué à organiser. Et faudra accrocher vos ceintures et faire de la place dans vos agendas car il y a pas moins de 3 gros events qui arrivent avant l’été – et à chaque fois, on est co-organisateur (donc si ça vous plait pas, vous pourrez vous plaindre ici).
Pour ne pas trop vous laisser dans le flou, nous aurons :
en février un webinaire open pour toutes et tous
en avril-mai, une matinée sur invitation (on vous met des places de côté)
en mai, une conférence très très select (limite entretien d’embauche pour y assister – je devrais pouvoir me soudoyer en tant qu’organisateur pour vous proposer 2-3 places)
Et il n’est pas impossible qu’on ajoute quelques webinaires histoire de vous occuper chaque mois d’ici l’été (spoiler : on n’a rien prévu pour août, pensez à programmer vos vacances accordingly 😁).
Ah au fait, j’ai un autre truc à partager, mais le rédac’chef est en train de me retirer le clavier parce qu’on n’a plus de place dans cette édition. On en reparle la prochaine fois.
▼ Média
Je vous ai déjà parlé de Rutger Bregman et de son dernier livre : Humanité, une histoire optimiste? Ah oui, bien sûr c’était ici (pour son cycle de conférence à la BBC) et là (pour vous en dire beaucoup de bien 5⭐️). J’ai l’impression de me transformer en VRP car je ne termine aucune de mes conversations du moment (clients, partenaires, potes, prospects) sans en parler. Je pense avoir dopé les ventes de ce super livre. Le tout en mode passeur, sans commission ni autre intérêt que la curiosité intellectuelle. Il ne me reste plus que 10 petites pages (la synthèse en mode vade mecum – un régal).
Un lecteur-ami-de-30-ans m’a pointé vers une belle vidéo. Ouais, je sais, c’est encore sur la genAI (btw, partout où l’on vous parle d’IA, vous pouvez commencer par remplacer par genAI et ensuite vous affinez). L’un des intervenants est bien connu car animateur de la chaîne heu?reka pour mieux comprendre l’économie (très bien faite, souvent trappue et toujours pédagogue) – mais si, vous savez, la gars avec son jumeau bas du bonnet… C’est rythmé, sérieux sans laisser l’humour de côté.
Sur le fond: “bulle ou pas bulle”, je ne suis pas certain de partager tous les arguments mais c’est quand même très bien d’avoir tous ces rappels historico-économiques pour se faire une idée. Je vous livre quand même mon idée : ce qui se passe en ce moment avec les invest colossalement absurdes sur l’IA (et j’inclus les idées farfulues et aberrantes d’aller coller des datacenter en orbite terrestre) n’a rien à voir avec la bulle internet de 2000. Ça ne veut pas dire que ce n’est pas une bulle (même si depuis janvier 2026, plus personne n’en parle vraiment), ça ne veut pas dire que tout ce pognon engouffré dans l’IA est raisonnable voire même rentable. Que sera, sera (j’ai pas mieux comme prédiction).
▼ Avant de partir,
The death of junior developer ? – part I
Je débute une nouvelle série (il parait que vous aimez – et comme je suis connu pour mettre du temps à développer mes idées…). Et le truc, c’est que je ne sais pas du tout comment ça finit, ni même si ça se termine avec un twist positif ou si je vais trouver des cliffhangers à chaque épisode…
Débuts laborieux
Mon école d’ingé ne m’a pas appris à coder (pourtant j’étais en section informatique, la plus demandée déjà en 1990). Et je lui en ai beaucoup voulu à l’époque. Moi, je voulais faire des trucs sexy comme du C++ (Java ne s’appelait même pas encore Oak – notez bien que “trucs sexy” accolé à C++, aujourd'hui c’est devenu un oxymore) et du X (euh, rien à voir avec Elon Musk ni avec autre chose – juste le machin qui permettait de coder des IHM les UX de l’époque, sur les OS sérieux, pas les Dirty OS 🪟).
C’est tout juste si on a eu le droit à un TP de C++ en pair-programming (l’approche n’existait pas non plus, c’est juste qu’il n’y avait pas assez de babasses machines pour en avoir une chacun – et non, personne n’avait d‘ordi pour les cours, encore moins accès à Internet — je précise pour les plus jeunes lectrices). Le sujet : développer un tableur en C++. Là je me suis régalé (oui, ok, ça peut surprendre mais c’est le genre de sujet qui excitait les dév à cette époque).

Mais pour le reste, on m’offrait du C, du Pascal et … de l’assembleur (celui du 6809, même pas le 8086 – laissez tomber ce § si ces deux “nombres” n’évoquent rien pour vous et passez directement au suivant). Pas de RISC, juste du CISC (enfin, concernant le 6809, c’était plutôt RISC au niveau des instructions mais pas de l’archi du proc – pas de pipeline, pas de prefetch, …).
Je rêvais polymorphisme, héritage et IHM. J’ai eu le droit à des pragma #DEFINE en pagaille et de la CLI (qu’on n’appelait même pas comme ça puisque c’était la seule manière de compiler et linker). Ah et aussi un truc d’avenir : la preuve formelle de programme (une théorie à laquelle je n’ai absolument RIEN compris, mais vraiment rien de rien). Pas grave, jamais recroisé depuis 😮💨.
C’est cadeau pour la vie
En fait, j’ai eu le droit à beaucoup mieux. Je ne m’en suis aperçu qu’après, même si j’en avais vaguement conscience derrière ma frustration de l’instant (ou bien mon cerveau se forçait à être positif compte tenu de la notoriété de ladite école).
On m’a appris à penser le code, à concevoir un système et à procéder avec méthode. (sur ce dernier point, j’ai souvent été réfractaire aux process : j’ai toujours préférer les inventer 🤭).
— euh, excuse cette intrusion, mais c’est encore long ton intro ?
— attends, je relis mes notes sur mon carnet… j’en suis page 1 sur trois
— dis-moi pas que t’as utilisé du papier et un stylo pour pondre cette série ?
— j’ai bien peur que oui, désolé 🤦🏼♂️
On se retrouve la semaine prochaine pour découvrir quel est vraiment le sujet de cette série (même si le titre devrait un peu aider… ou pas). Ça marche comme cliffhanger ?








