PdF 25-11>43
Riche, très très riche cette édition. Et éclectique en plus. Donc dense et variée.
▼ Édito
En plus d’être particulièrement en retard (près de 10h de retard dans la diffusion… sorry), cette édition couvre un bel éventail de sujets : le retour de la méthodo, des médias en folie, des fibres vibrantes…
Saviez-vous que sur le site, vous pouviez consulter toutes les éditions passées ? Et si vous voulez être certain de recevoir la prochaine, il y a un truc facile à faire et à partager sans modération ⤵️
Dans cette édition, vous allez découvrir :
des simulatrices 💭
des bots 🦿
des cerveaux ✍️
et d’autres bricoles 👩🏻🔧
▼ Phrase propulsée
« La vie est une richesse. Conserve-la. »
Proverbe
Ambiguë ce laconique proverbe. On souhaite de conserver quoi ? La vie, la richesse, les deux ne sont pas possibles ? Surtout qu’ici, on vous souhaite de trouver de la richesse intellectuelle…
▼ La minute méthodo
Après nos éditions sur les post-its (là et là) et le brainstorming, parlons de ma technique préférée. Je l’ai appelé le BrainWriting. Enfin quand je dis “je”, il serait plus juste de dire “nous” car c’est avec mon cher Antonin qu’on la mise au point et testé pendant des centaines d’heures.
Achtung : ne vous précipitez pas sur Internet pour chercher le terme BrainWriting (les premiers liens que je viens de consulter sont des pures cata - restez ici, vous serez bien mieux servis 😇).
Tout d’abord il s’agit bien d’une méthode d’idéation.
Dis, c’est quoi l’idéation ?
Rapportons-nous à un projet de Design Thinking. Il y a deux phases de complexité inégales : la première est entièrement tournée vers la recherche de “bons” problèmes (on attendra une prochaine édition pour mieux qualifier ce “bon”). C’est, selon moi, la plus important phase et la plus dure : de mauvais résultats ici ne se rattrapent pas dans la suite de la démarche. C’est à l’issue de cette première phase (précisément dans le carré orange - si si c’est un carré, même s’il est tourné de 45° 😊) que l’on va tenter de trouver des premières idée de solution à ces problèmes. C’est cela qu’on appelle l’idéation.
Et on fait comment de l’idéation, hein ?
Il y a beaucoup de techniques, des traités entiers en parlent. La plus connues étant le brainstorming (déjà abordé ici sous plusieurs facettes). Là, je voudrais vous partager ma méthode chouchoute. Le BrainWriting. Il a de nombreux atouts dans son écrin (essaie un peu de la faire générer par une IA cette double métaphore oiseuse 🤭)
Allez vas-y, fais péter les avantages de ton cerveau écrivant
En voici quelques-uns, sans ordre de préférence :
on peut “idéer” sur plusieurs problème en parallèle avec la même équipe (minimum 3 personnes)
les introverts peuvent enfin déployer toutes leurs merveilleuses idées sans se faire basher par la brute extravert de l’équipe
l’idée est construite à 3 mains : cela augmente sa qualité
l’idée est construite à 3 egos : cela évite les problèmes d’appartenance au moment du tri des idées ; on laissera plus facilement de côté une idée donc le propriétaire n’est pas clairement identifié
ça se passe en silence
chacun a le temps de la réflexion individuelle sans la pression continue du brainstorming
on varie les perspectives de réflexion tout au long de la démarche : création d’une idée, analyse d’une autre idée, mise au point d’une idée retravaillée
Bon j’arrête là au risque de passer pour un vendeur de foire.
Tu m’as convaincue. Ça va me coûter combien ton truc ?
Rien. Du moins rien en ce qui me concerne. Tu as la recette dans la figure ci-dessous. Tout y est pour le mettre en pratique toi-même. C’est même déjà en anglais pour pratiquer dans un contexte international.
Je te certifie que les résultats sont top et que les équipes adorent cette manière de faire.
Reste un dernier point : si tu as un groupe qui sait particulièrement bien mener un brainstorming (c’est vraiment très très très rare en entreprise), alors les deux méthodes se valent (c’est ma conscience de scientifique qui m’oblige à écrire ça 🔫 - mais l’ego a envie de te démontrer qu’il reste encore des atouts pour préférer le brainwriting 😊).
Alors, vous allez le tenter ?
▼ Visuel Numérique
Une tribu de robots humanoïdes est en marche
(mais ils ont encore besoin de nous)
2025 : les robots humanoïdes ne sont plus des prototypes de labo ou des machines en usine. Ils sortent enfin (euh, vraiment ?) sur le marché grand public.
Le paysage a bien évolué ces dernières années (et encore on ne parle que des humanoïdes). Tesla pousse son Optimus dans ses usines. Boston Dynamics a lâché son Atlas électrique et ses backflips aussi inutiles a priori qu’impressionnants techniquement. Unitree sort son G1 à moins de 20.000$ (on relit : à moins de 20.000$… une paille donc). Et la Chine vise la domination du marché d’ici 2027.
Cette semaine, on ne pouvait pas rater le nouveau venu : le NEO de 1X Technologies.
Lancé fil y a quelques jours, NEO est le premier robot humanoïde directement commercialisé pour la maison. Pas pour l’usine. Pas pour l’entrepôt. Pour chez vous.
30 kg, 1,68 m (loin de Tibo InShape donc). Capable de soulever 70 kg et de porter 25 kg. Plus silencieux qu’un frigo moderne avec un LLM embarqué pour converser naturellement (pas conserver comme le frigo on est d’accord - je dis ça pour les dyslexiques qui nous lisent). Le tout habillé d’un costume en maille lavable en machine (sans le robot). Ne vous inquiétez pas, Shein prépare déjà des lignes de vêtements pour votre robot préféré.
Son rôle ? Plier le linge, ranger les étagères, sortir les poubelles, vider le lave-vaisselle. Bref : faire les corvées pendant que vous faites autre chose.
Le hic ? NEO ne peut pas encore faire tout ça seul, il a besoin d’un humain pour fonctionner et il prend un temps fooooooouuuuuu pour faire des trucs basiques. Pire, il va apprendre chez vous pour perfectionner les futures générations. Le tout pour la modique somme de 20k. Donc cher, intrusif, lent et pas très doué… pour l’instant.
▼ Média
Je reconnais que cela n’a pas grand chose à voir avec l’innovation, l’IA ou le futur. D’autant que c’est plutôt basé sur le passé… Mais c’est Ken Follett.
Oui oui je sais, on peut ne pas aimer. C’est tellement manichéen, ça manque de subtilité parfois. Mais j’adore (je crois que je les ai tous, c’est vous dire !). Et je suis impatient de le lire à Noël (les enfants, si vous me lisez, you know what… 🙏) - ça me fera oublier cette horreur d’Hypérion (oulala, je vais avoir des retours incendiaires).
Et là, pour les groupies, il y a une rencontre avec l’auteur dans 10 jours…
Que vous aimiez ou non cet auteur chéri, on vous propose une autre pérégrination, webesque celle-là. En lisant une newsletter (me demandez pas laquelle, aucun souvenir), je suis tombé sur ce merveilleux site : animagraffs. Incroyable de pédagogie et visuellement très attirant. L’auteur nous explique différents sujets avec une animation commentée et de très belle facture (attention : je n’ai trouvé aucune cohérence dans les sujets traités, c’est donc très très éclectique - il y en a pour tous les goûts).
Un exemple ? Prenons le retraitement des eaux usées. Voici ce que cela donne. C’est assez fascinant (même si le process n’est pas le même partout dans le monde, les principes généraux y sont)
Bon visionnage - vous me direz quelle pépite vous a le plus passionnée… Faites-moi le plaisir d’un reply ou d’un commentaire sur le site substack afin qu’on puisse partager.
▼ Avant de partir, tissons des liens
Fibre Synthetic ou Humaine ? - part 2
Récemment, j’entendais le papa d’un garçon d’une dizaine d’années raconter comment son fils utilisait un chatbot comme ChatGPT. Le petit considère l’IA comme un environnement de simulation d’histoires qu’il invente. Il se créé un monde en le décrivant au chatbot. Ensuite, l’apprenti auteur introduit des éléments perturbateurs, de nouveaux antagonistes, des situations étonnantes. Puis, il demande à l’IA de lui indiquer comment évolue l’histoire, comment les personnages réagissent, quelles nouvelles péripéties peuvent advenir… Un peu comme on l’avait fait dans cette même newsletter (là et les 6 suivantes).
Je trouve cette utilisation de l’IA fantastique. On utilise à fond le moteur de créativité de notre imaginaire en le combinant avec le perroquet stochastique du LLM.
Et le rapport avec tes Synthetic Persona donc ?
Prenons juste un moment de recul. Il y a un sujet sur lequel la genAI m’apporte beaucoup de valeur : cela tient aux questions qu’elle peut me poser (à condition de le lui demander bien entendu). Plutôt que d’utiliser la genAI comme un moteur de réponses, j’aime beaucoup me faire questionner. Cela me permet d’aller au fond de mes idées, de mes intentions, de mes objectifs en élargissant le point de vue ou en approfondissant un sujet. Un peu comme un mentor socratique (btw, un super assistant que je vous recommande… met un 👍, fais sonner la 🔔, connecte-toi à moi et commente “Socrate-moi le dos” et je te le donne en MP - toute ressemblance avec ce qui se passe sur LinkedIn ne serait pas fortuite et encore moins dans mes habitudes 😉).
Tu y arrives aux Synthetic Persona ou quoi ?
Brèfle, tout ça pour vous dire qu’utiliser la genAI comme un moteur de réponses est intéressant, mais il y a d’autres facettes à regarder. Un exemple (après cette longue intro, je raccroche les wagons) : utiliser l’IA comme simulatrice (au sens de “simulateur de vol” ou “environnement de test”). Tu crées un univers que tu décris le plus complètement (un nouveau produit, un changement possible d’organisation dans l’entreprise, ...). C’est ton univers virtuel. Et tu y plonges un Persona, en fait un Synthetic Persona.
Dans les mois qui viennent, tout le monde va vous en parler.
On est à la fin de la newsletter et là ça devient sympa
Un Synthetic Persona (j’ai un module de formation dessus - donc pas simple de tout dire en trois lignes), c’est comme un Persona sauf qu’il est “incarné” par une IA (un GPT en fait - une sorte de marionnette dans les mains de l’IA).
Supposons que vous travailliez au marketing d’un éditeur (c’est la saison des prix littéraires - chez Passeur de Futur on sait aussi s’adapter à l’actu). L’idée vous titille de lancer une nouvelle collection à vocation scientifique pour un public non scientifique mais curieux (genre un public qui au mot “chat”, ne pense pas immédiatement à celui qui est entre 2 états suite aux tortures d’un certain monsieur S). Avant de passer sur des tests en vrai, vous aimeriez disposer d’une sorte de bac à sable pour préciser cette idée, pour la modeler un peu plus précisément. Pour cela, vous pourriez créer plusieurs SP, correspondants à autant de “clients type”. L’avantage, c’est que vous allez pouvoir immerger ces SP dans différentes situations en fonction de vos idées : la taille, les sujets, la périodicité, le mode d’acquisition, digital ou papier, …
Comme toujours, l’IA peut halluciner, mais ça permet simplement de jouer avec votre concept, de le préciser et de lui faire prendre une forme concrète. Et ça ne remplacera jamais de vrais humains. Mais en amont, c’est très utile.
Vendu, j’ai envie de tenter le truc. Tu vas me prendre combien ?
Rien, une fois de plus ! C’est fastoche de créer un SP, il suffit de demander à un chatbot de le créer pour toi. Ensuite, il faut un peu le bichonner, le tester, le remodeler et le tester (probablement encore 2 ou 3 itérations).
Avant de vous laisser, j’ai juste un petit retour d’expérience à partager. Autant développer un assistant correct, ça demande un peu de transpiration (il faut trouver le prompt, les doc à lui fournir, le tester, le modifier etc…) - mais alors développer un Synthetic Persona qui ne te fasse pas perdre de temps, c’est autrement plus complexe : ça demande un peu de doigté et beaucoup de patience. Très utile dans le marketing-strat-comm, la RH, la DG - a minima.
Il y a deux semaines, on en a créé avec ma super team en formation Chef de Projet IA. J’ai adoré leur réaction : “non mais t’as vu comment elle me parle, c’est hyper réaliste par rapport à ce que je lui ai demandé - non mais vraiment !”. Je crois que c’est pour cela qu’ils m’ont fait le grand plaisir de m’offrir une jolie boite à musique 💗
Retenez bien : Synthetic Persona, vous allez les rencontrer de plus en plus... et vous vous souviendrez que c’est chez PdF que vous les avez découvert 🙌












